
Mabaya, 18 juin 2026 — La formation des jeunes et des femmes du Kasaï Oriental dans les métiers de l’agrobusiness entre dans une phase décisive. Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’Appui à la Gouvernance et au Développement des Compétences en soutien au Programme de Transformation de l’Agriculture (PAGDC-PTA), une mission du Fonds Social de la RDC (FSRDC) s’est rendue à Mabaya, dans le territoire de Lupatapata, afin d’évaluer le plateau technique de l’agrégateur agricole AMPK.
Conduite par Gerllyphe Tshunza, Chef d’agence provinciale du FSRDC au Kasaï Oriental et représentant du Coordonnateur national, Philippe Ngwala Malemba, cette mission vise à préparer le lancement imminent de la formation des jeunes et des femmes dans la province.
La délégation comprenait notamment Frank Mbala, expert en insertion socioprofessionnelle des jeunes et des femmes du PAGDC-PTA, ainsi que plusieurs autres experts du FSRDC. Elle était accompagnée par l’équipe du consortium PAMCI & AGRILIVING, chargé de l’opérationnalisation des Centres de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes en Agrobusiness (CPEJAB).

Former à partir des réalités du terrain
L’objectif de cette descente était clair : vérifier si les infrastructures disponibles auprès de l’agrégateur AMPK peuvent servir de base à une formation pratique, directement connectée aux besoins du marché agricole local.
Pour le FSRDC, l’enjeu est de dépasser les formations essentiellement théoriques, souvent éloignées des réalités économiques. Il s’agit désormais de former des jeunes et des femmes au contact direct des exploitations, des filières porteuses et des opportunités concrètes d’emploi ou d’auto-emploi.
À Mabaya, la mission a donc échangé avec l’agrégateur AMPK sur ses capacités d’accueil, ses besoins en compétences, les métiers agricoles disponibles et les possibilités d’intégrer les futurs bénéficiaires dans des activités productives.
Des infrastructures à fort potentiel pour l’apprentissage pratique
La visite des installations de l’agrégateur AMPK a permis à la mission d’apprécier plusieurs infrastructures existantes. Parmi elles figurent des poulaillers de chair, des poulaillers de pondeuses, ainsi qu’un lac pouvant soutenir l’irrigation agricole et le développement de la filière poisson.
Ces atouts ouvrent des perspectives importantes pour l’organisation de formations pratiques dans plusieurs domaines liés à l’agrobusiness, notamment l’aviculture, la gestion d’exploitations agricoles, l’irrigation, la production vivrière et le développement de la pisciculture.
Cette approche permettrait aux futurs apprenants d’acquérir des compétences immédiatement exploitables, dans un environnement réel de production.

Une formation tournée vers l’emploi et l’auto-emploi
À travers cette mission, le FSRDC confirme sa volonté de bâtir un modèle de formation orienté vers les résultats. L’objectif n’est pas seulement de former, mais de permettre aux bénéficiaires de s’insérer rapidement dans le monde du travail, de rejoindre des exploitations agricoles, de renforcer des coopératives ou de créer leurs propres activités économiques.
Cette logique répond à une exigence majeure du PAGDC-PTA : faire de l’entrepreneuriat agricole un levier concret d’employabilité pour les jeunes et les femmes.
Le rôle de PAMCI & AGRILIVING, à travers les CPEJAB, sera déterminant pour structurer cette dynamique. Ces centres devront accompagner les jeunes non seulement dans l’apprentissage technique, mais aussi dans la maturation de leurs projets, l’incubation, la gestion d’activités et l’accès aux opportunités économiques.
Le FSRDC en première ligne pour l’employabilité des jeunes
En conduisant cette mission à Mabaya, le FSRDC pose les bases opérationnelles d’un dispositif qui veut rapprocher la formation du terrain. La présence de ses experts, aux côtés de PAMCI & AGRILIVING et de l’agrégateur AMPK, traduit une volonté d’articuler l’offre de formation avec les besoins réels des acteurs économiques.
Cette démarche est essentielle pour éviter le décalage entre les compétences enseignées et les compétences effectivement recherchées par les agrégateurs, les entreprises agricoles et les coopératives.
À terme, les bénéficiaires devront être formés pour répondre à des besoins précis, dans des filières identifiées, avec des possibilités concrètes d’insertion professionnelle.
Un projet inscrit dans la vision présidentielle
Le PAGDC-PTA a été initié par Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, dans le cadre de la matérialisation de sa vision de “la revanche du sol sur le sous-sol”. Cette vision ambitionne de faire de l’agriculture un moteur de développement, de création d’emplois, d’inclusion économique et de souveraineté alimentaire.
Coordonné par le Fonds Social de la RDC et financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), le projet vise notamment à renforcer la gouvernance agricole et à promouvoir l’employabilité ainsi que l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
À Mabaya, cette ambition commence à prendre forme à travers une approche pragmatique : partir des infrastructures existantes, identifier les besoins réels, organiser des formations pratiques et ouvrir la voie à des emplois durables.

Mabaya, un site pilote pour des formations connectées aux filières porteuses
La mission menée auprès de l’agrégateur AMPK pourrait faire de Mabaya un espace stratégique pour la formation des jeunes et des femmes dans le Kasaï Oriental.
Avec ses infrastructures avicoles, son potentiel hydrique et ses possibilités de développement autour de la filière poisson, le site présente des atouts concrets pour accueillir des formations à fort impact.
Le défi est désormais de transformer ce potentiel en parcours d’apprentissage, puis ces parcours en emplois, en entreprises et en revenus pour les jeunes et les femmes de la province.
À Mabaya, le FSRDC veut envoyer un message clair : la formation agricole doit partir du terrain, répondre aux besoins du marché et déboucher sur une insertion réelle.
