
Mbuji-Mayi – Le Fonds Social de la République Démocratique du Congo (FSRDC) entend rompre avec les formations sans débouchés. Au Kasaï Oriental, les jeunes et les femmes appelés à intégrer le programme d’entrepreneuriat agricole du PAGDC-PTA seront formés en fonction des besoins réels du terrain, avec une priorité accordée à la pratique, à l’insertion professionnelle et à l’auto-emploi.
C’est dans cette perspective qu’une mission conjointe du FSRDC et du groupement PAMCI & AGRILIVING s’est rendue à Kashila, dans le territoire de Tshilenge, afin de recueillir les besoins exprimés par les acteurs agricoles et d’évaluer les infrastructures susceptibles d’accueillir les prochaines formations.
Conduite par Gerllyphe Tshunza, Chef d’agence provinciale du FSRDC et représentant du Coordonnateur national, Philippe Ngwala Malemba, la délégation a échangé avec l’agrégateur SATDL, acteur impliqué dans la production agricole et l’encadrement des producteurs dans la province.

Former pour répondre aux besoins du marché
L’objectif de la descente était clair : identifier les compétences dont les entreprises agricoles ont réellement besoin afin d’éviter des formations trop théoriques et déconnectées des perspectives d’emploi.
Les échanges avec SATDL ont notamment porté sur les profils professionnels recherchés, les compétences techniques nécessaires au fonctionnement de ses activités, les besoins de renforcement des capacités de ses employés et les possibilités d’accueil des bénéficiaires pour des apprentissages pratiques.
À travers cette démarche, le FSRDC veut s’assurer que chaque parcours de formation corresponde à une demande économique identifiable. L’ambition n’est donc pas seulement de délivrer des certificats, mais de permettre aux jeunes et aux femmes de rejoindre rapidement une entreprise, une coopérative ou de créer leur propre activité agricole.
Cette approche repose sur un principe simple : partir des besoins du secteur pour construire la formation, et non former d’abord avant de rechercher des débouchés.

SATDL évalué comme futur espace d’apprentissage pratique
La mission a également procédé à l’évaluation du plateau technique de l’agrégateur SATDL. Cette étape doit permettre de déterminer si les équipements, les espaces de production et les activités disponibles peuvent accueillir, dans un avenir proche, des formations pratiques destinées aux futurs agripreneurs.
L’implication directe des agrégateurs dans le dispositif constitue un atout important. Elle permet aux apprenants d’être confrontés aux réalités de la production, à l’organisation du travail, aux exigences de rendement et aux contraintes quotidiennes d’une exploitation agricole.
L’apprentissage pratique auprès des entreprises et des structures de production devrait ainsi compléter les enseignements théoriques et accroître les chances d’insertion après la formation.

Un centre des Sœurs Mazzarello visité à Mbuji-Mayi
Après Kashila, la délégation a visité un centre de formation appartenant à la communauté des Sœurs Mazzarello, dans la périphérie de Mbuji-Mayi.
Cette visite avait pour but d’évaluer la qualité du plateau technique et d’examiner les possibilités de collaboration pour l’organisation de la partie théorique des formations.
Les discussions doivent permettre de vérifier la disponibilité des salles, des équipements, des formateurs et des autres conditions indispensables au démarrage rapide du programme.
À terme, le dispositif pourrait s’appuyer sur une articulation complémentaire : des enseignements théoriques dispensés dans des centres adaptés et une immersion pratique réalisée auprès des agrégateurs et des acteurs des chaînes de valeur agricoles.

PAMCI & AGRILIVING au cœur de l’opérationnalisation des CPEJAB
La descente a été menée conjointement avec le groupement PAMCI & AGRILIVING, chargé de l’opérationnalisation des Centres de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes en Agrobusiness (CPEJAB).
Ces centres doivent constituer des espaces de formation, d’incubation, de développement des projets et d’accompagnement à l’insertion. Leur ambition est d’aider les bénéficiaires à transformer leurs compétences en activités économiques viables.
Dans cette logique, la formation ne devrait pas s’arrêter à l’acquisition de connaissances. Elle devra également intégrer l’élaboration des modèles économiques, la gestion des activités, l’accès aux marchés, l’organisation collective et l’accompagnement post-formation.
L’emploi et l’auto-emploi comme principaux indicateurs de réussite
Pour le FSRDC, la réussite du programme ne sera pas uniquement évaluée à partir du nombre de jeunes formés. Elle devra surtout être mesurée en fonction du nombre de bénéficiaires ayant trouvé un emploi, intégré une entreprise agricole, renforcé une coopérative ou lancé leur propre activité.
Cette orientation répond à l’un des défis majeurs de la jeunesse congolaise : l’écart persistant entre les formations proposées et les besoins réels du marché du travail.
En rapprochant les centres de formation des agrégateurs, le PAGDC-PTA veut créer une chaîne cohérente allant de l’identification des besoins jusqu’à l’insertion professionnelle.
L’enjeu est de faire des jeunes et des femmes non plus de simples bénéficiaires de formations, mais des acteurs productifs capables de créer des revenus, des emplois et de la valeur dans leurs communautés.

Un projet inscrit dans la vision présidentielle
Initié par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Projet d’Appui à la Gouvernance et au Développement des Compétences en soutien au Programme de Transformation de l’Agriculture (PAGDC-PTA) s’inscrit dans la concrétisation de la vision de « la revanche du sol sur le sous-sol ».
Le projet poursuit un double objectif : améliorer la gouvernance institutionnelle du secteur agricole et renforcer l’employabilité ainsi que l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
Il est coordonné par le Fonds Social de la RDC et financé par la Banque Africaine de Développement (BAD).
Au Kasaï Oriental, la démarche engagée traduit une volonté de passer rapidement de la préparation à l’action. En évaluant les entreprises agricoles, les centres de formation et les besoins du marché, le FSRDC pose les bases d’un dispositif davantage tourné vers les résultats.
Le défi est désormais de transformer les plateaux techniques en espaces d’apprentissage, les formations en compétences et les compétences en emplois, en entreprises et en revenus durables pour les jeunes et les femmes de la province.
Robert DEMANOU, PhD
