
Mbuji-Mayi, 16 juin 2026 — Le Fonds Social de la République Démocratique du Congo (FSRDC) entend faire de la formation agricole un véritable tremplin vers l’emploi, l’auto-emploi et la création d’entreprises. Au Kasaï Oriental, la préparation de la première cohorte de jeunes et de femmes bénéficiaires du Projet d’Appui à la Gouvernance et au Développement des Compétences en soutien au Programme de Transformation de l’Agriculture (PAGDC-PTA) s’appuiera directement sur les besoins exprimés par les acteurs du secteur.
Une séance de travail stratégique s’est tenue le 16 juin 2026 entre les agrégateurs agricoles de la province, les membres du Comité technique de sélection des jeunes (COTEC), les experts du groupement PAMCI & AGRILIVING et une importante délégation du FSRDC.
Les échanges ont porté sur le profilage des futurs bénéficiaires, l’identification des métiers porteurs et l’adaptation des contenus de formation aux opportunités réelles d’emploi, de production et de transformation agricole dans la province.
Former pour répondre à une demande réelle
La démarche marque une rupture avec les formations déconnectées des réalités économiques. Dans le cadre du PAGDC-PTA, les jeunes ne seront pas formés sur la base de programmes génériques, mais en fonction des besoins précis des agrégateurs, des coopératives agricoles et des chaînes de valeur présentes au Kasaï Oriental.
L’objectif consiste à rapprocher l’offre de compétences de la demande du secteur, afin que les formations débouchent sur des possibilités concrètes d’insertion professionnelle, d’auto-emploi et de création d’activités agricoles viables.
Les agrégateurs ont ainsi été invités à préciser leurs besoins en main-d’œuvre, en compétences techniques, en gestion d’exploitations, en transformation, en commercialisation et en services agricoles. Ces informations permettront d’orienter les parcours de formation de la première cohorte.

Une mission conduite sous la coordination du FSRDC
La délégation du Fonds Social de la RDC était conduite par Gerllyphe Tshunza, Chef d’agence provinciale du FSRDC au Kasaï Oriental, représentant le Coordonnateur national, Philippe Ngwala Malemba.
Il était accompagné de Frank Mbala, expert en insertion professionnelle des jeunes et des femmes du PAGDC-PTA, de André Okou, expert chargé des partenariats et du secteur privé, ainsi que de plusieurs autres experts du FSRDC.
La participation du groupement PAMCI & AGRILIVING, chargé d’accompagner l’opérationnalisation des mécanismes de formation et d’incubation, a permis d’approfondir les échanges sur les profils à retenir, les approches pédagogiques et les dispositifs d’accompagnement post-formation.
Mille jeunes déjà sélectionnés au Kasaï Oriental
La première cohorte sera constituée à partir des 1 000 jeunes et femmes déjà sélectionnés par le Comité technique de sélection dans la province.
Une attention particulière sera accordée aux candidats issus des coopératives agricoles. Cette orientation vise à faciliter leur intégration dans des structures de production existantes, à renforcer les dynamiques collectives et à accroître les possibilités d’emploi ou d’auto-emploi après la formation.
La sélection définitive prendra également en compte la motivation des bénéficiaires, leur projet professionnel, les besoins des filières agricoles locales et les capacités d’accueil des centres de formation.
Évaluer les plateaux techniques avant le démarrage des formations
La mission prévoit aussi l’évaluation des plateaux techniques disponibles dans la province. Il s’agit de vérifier si les infrastructures, les équipements, les formateurs et les dispositifs d’apprentissage répondent aux exigences des métiers ciblés.
Des négociations seront menées avec les structures susceptibles d’accueillir les bénéficiaires. L’objectif est de garantir des formations essentiellement pratiques, adaptées aux réalités du terrain et capables de préparer les jeunes aux conditions réelles de production et d’entrepreneuriat.
La mission devra ensuite définir l’approche de formation, arrêter la liste de la première cohorte et préciser les mécanismes d’accompagnement vers l’insertion professionnelle.

Faire des jeunes des créateurs d’emplois agricoles
À travers cette approche, le PAGDC-PTA ambitionne de transformer les jeunes bénéficiaires en véritables acteurs des chaînes de valeur agricoles. Il ne s’agit plus uniquement de transmettre des connaissances, mais de développer des compétences immédiatement mobilisables dans la production, la transformation, la distribution et les services liés à l’agriculture.
Le projet entend ainsi contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’agripreneurs capables de créer leurs propres activités, d’intégrer les entreprises agricoles existantes et de participer au développement économique du Kasaï Oriental.
Cette logique d’adéquation entre formation et marché constitue un enjeu central dans une province où l’agriculture offre un potentiel important de création d’emplois et de revenus.

Un projet au service de la vision présidentielle
Initié par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le PAGDC-PTA participe à la matérialisation de la vision de « la revanche du sol sur le sous-sol ».
Le projet met l’accent sur deux axes complémentaires : l’amélioration de la gouvernance institutionnelle du secteur agricole et le développement des compétences entrepreneuriales et professionnelles des jeunes et des femmes.
Financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et coordonné par le Fonds Social de la RDC, le PAGDC-PTA vise à faire du capital humain l’un des principaux leviers de la transformation agricole du pays.
Au Kasaï Oriental, la dynamique engagée annonce une formation davantage ancrée dans les réalités économiques. L’enjeu est désormais de transformer les besoins du marché en parcours de compétences, puis ces compétences en emplois, en entreprises et en revenus durables.
La réussite de cette première cohorte sera donc mesurée non seulement au nombre de jeunes formés, mais surtout au nombre de jeunes effectivement insérés, employés ou devenus entrepreneurs dans les chaînes de valeur agricoles.
Robert DEMANOU, PhD
