
Jusqu’à 8 tonnes de maïs à l’hectare sur certains carrés au Kongo Central : la campagne agricole 2025-2026 livre des résultats encourageants pour le PADCV-PTA. Sur les 7 290 hectares mis en valeur dans ses différentes zones d’intervention, 4 390 hectares ont été consacrés au maïs, avec des rendements globaux oscillant entre 3 et 5 tonnes à l’hectare et des performances supérieures enregistrées dans certaines provinces. Dans cet entretien, Rody Diyabanza, Chef de Projet PADCV-PTA, revient sur les résultats de cette première expérience et les perspectives pour les prochaines campagnes.
IMPACT FSRDC : Quels sont les principaux résultats enregistrés au terme de cette campagne agricole 2025-2026 ?
Rody Diyabanza : Globalement, nous pouvons parler d’une première expérience particulièrement encourageante. Toutes saisons confondues, 7 290 hectares ont été mis en valeur, dont 4 390 hectares de maïs et 2 900 hectares de manioc.
Mais au-delà des superficies, ce qui nous intéresse surtout, ce sont les performances obtenues dans les champs. Pour le maïs, les rendements enregistrés à travers les carrés de rendement se situent globalement entre 3 et 5 tonnes à l’hectare, avec des résultats plus élevés dans certaines zones.
IMPACTFSRDC : Quelles performances avez-vous précisément observées dans les différentes zones ?
Rody Diyabanza : Les résultats varient selon les zones. Au Kongo Central, certains carrés de rendement ont atteint 5 à 8 tonnes à l’hectare. Dans le Kwango, nous avons obtenu une moyenne de 3 à 4 tonnes à l’hectare, tandis qu’au Kasaï Oriental, les rendements se situaient autour de 4 à 5 tonnes à l’hectare. Des performances similaires ont également été observées dans la Lomami.
Ces résultats sont importants parce qu’ils permettent de mesurer concrètement le potentiel de nos zones de production. Ils constituent surtout une base de travail pour améliorer les performances lors des prochaines campagnes.
IMPACT FSRDC: Comment expliquez-vous ces niveaux de rendement, notamment les performances allant jusqu’à 8 tonnes à l’hectare ?
Rody Diyabanza : Nous avons notamment travaillé avec des semences hybrides à haut potentiel de rendement, accompagnées d’intrants et d’un encadrement technique. L’objectif était de démontrer qu’en réunissant les bons facteurs de production, il est possible d’améliorer la productivité.
La performance de certains sites montre que le potentiel est réel. Mais il faut maintenant capitaliser sur ces résultats et identifier les pratiques qui ont permis d’obtenir les meilleurs rendements afin de les reproduire dans d’autres zones.
IMPACTFSRDC: Le maïs représente donc la principale filière de cette campagne ?
Rody Diyabanza : Oui. Sur les 7 290 hectares mis en valeur, 4 390 hectares, soit près de 60 %, concernent le maïs. Cette place s’explique par le choix d’en faire une filière phare dans cette phase d’amorçage.
Cependant, notre ambition reste de développer plusieurs chaînes de valeur, notamment le maïs, le manioc, le riz et le soja, en travaillant non seulement sur la production, mais également sur la transformation et la commercialisation.
IMPACTFSRDC : Que deviennent les productions obtenues après la récolte ?
Rody Diyabanza : Le PADCV-PTA ne se limite pas à la production. Nous voulons créer une véritable continuité entre le champ, la transformation et le marché.
Une partie du maïs produit est ainsi orientée vers la transformation et le conditionnement, notamment en sacs de 25 kilogrammes. Les produits transformés peuvent ensuite alimenter différents circuits de distribution, notamment les Cantines communautaires.
L’enjeu est donc de faire en sorte que les bons rendements enregistrés dans les champs puissent se traduire en production disponible, transformation locale et accès aux produits agricoles.
IMPACT FSRDC : Quel enseignement principal tirez-vous de cette première campagne ?
Rody Diyabanza : Cette campagne nous a surtout permis de vérifier que le potentiel agricole existe. Atteindre jusqu’à 8 tonnes de maïs à l’hectare sur certains carrés de rendement constitue un signal encourageant.
Nous devons maintenant travailler à améliorer les rendements là où ils sont encore faibles, à étendre progressivement les superficies et à mieux structurer l’ensemble de la chaîne de valeur.
Cette première campagne constitue donc une base. Le véritable défi sera de transformer ces performances en résultats plus importants et durables au cours des prochaines campagnes.
IMPACTFSRDC: Cette dynamique rejoint-elle la vision de la ´´revanche du sol sur le sous-sol ´´?
Rody Diyabanza : Absolument. Le PADCV-PTA s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, celle de la ´´ revanche du sol sur le sous-sol ´´.
Avec l’appui de la Banque africaine de développement et la mise en œuvre assurée par le FSRDC sous la conduite de son Coordonnateur national, Philippe Ngwala Malemba, nous voulons contribuer à faire de l’agriculture un levier de sécurité alimentaire et de développement économique.
Les résultats de cette première campagne montrent que le potentiel est là. Il faut désormais l’exploiter davantage, avec l’ambition d’obtenir des rendements plus élevés et une production agricole mieux structurée.
Propos recueillis par Don du ciel TOLENGA
