
Avant d’améliorer les rendements, il faut d’abord protéger les récoltes. C’est l’un des principaux enseignements de la mission conduite par les experts du Fonds Social de la République Démocratique du Congo (FSRDC) au sein de la Société Coopérative des Familles Agricoles Kibungie-Mudimi, dans la province de Lomami.
Sur cette exploitation, les terres sont généreuses, les producteurs sont organisés et les cultures couvrent plusieurs hectares. Pourtant, une partie des efforts consentis dans les champs est compromise par des maladies et des ravageurs qui affectent les principales spéculations agricoles de la coopérative.
Le manioc, l’une des cultures les plus exploitées dans la zone, est régulièrement frappé par la mosaïque africaine, une maladie virale qui réduit fortement la production. Le maïs, lui, subit les attaques répétées de chenilles. À ces difficultés s’ajoutent le manque de semences améliorées, la rareté des produits phytosanitaires et l’absence de connaissances techniques suffisantes pour assurer une protection efficace des cultures.
Pour Lutuzaya Medi, expert agronome au FSRDC, ce diagnostic constitue une étape essentielle pour orienter les interventions du Projet d’Appui au Développement des Chaînes de Valeur (PADCV-PTA), financé par la Banque africaine de développement (BAD).
« Nous observons des attaques de ravageurs ainsi que des maladies causées par des micro-organismes, notamment la mosaïque africaine du manioc. Sur le maïs, les chenilles occasionnent également des dégâts importants. Les producteurs ne disposent pas encore de l’expertise nécessaire pour protéger leurs cultures. Notre rôle sera justement de les accompagner, car produire sans assurer la protection des cultures entraîne inévitablement d’importantes pertes », explique-t-il.
L’accompagnement prévu par le PADCV-PTA ne se limitera donc pas à l’amélioration de la production. Le projet entend également renforcer les compétences des agriculteurs en matière de protection phytosanitaire, faciliter l’accès à des semences de qualité et promouvoir des pratiques culturales adaptées afin de réduire les pertes observées sur le terrain.

Les constats réalisés par les experts restent néanmoins encourageants. Les conditions agroécologiques sont favorables au développement des cultures ciblées par le projet, notamment le manioc, le maïs et le soja. La coopérative bénéficie également d’un accès relativement aisé aux voies d’évacuation, d’une organisation interne bien structurée et d’une situation foncière stable, autant d’atouts qui constituent des bases solides pour accroître durablement la production.
À Kibungie-Mudimi, le défi n’est donc pas de créer un potentiel agricole, mais de le préserver. En levant progressivement les contraintes techniques qui fragilisent les récoltes, le FSRDC entend permettre aux producteurs de transformer leurs efforts en une production plus abondante, plus résiliente et plus rentable au bénéfice des ménages ruraux.
Don du ciel Tolenga
